BIBLIOTHEQUES d’EUGENE MOREL (1909) – Feuilleton 1 : « Une seule instruction vaut : celle que l’on se donne à soi-même. »

Le projet :

Ici commence la réédition d’un classique méconnu, non réédité, non encore numérisé  d’Eugène Morel (enfin, rien trouvé à ce jour sur le web). Quelle drôle d’idée ! Pourquoi ? Pour nous aider à comprendre et à avancer dans les bouleversements actuels du monde du livre et des bibliothèques, introduits par le numérique. Qui était Eugène Morel ? « Une pensée en action » comme l’écrit Bertrand Calenge en 1994 dans le BBF. Aujourd’hui, on dirait un empêcheur de tourner en rond. Ou un propulseur : un des termes moteurs de ce blog.

La publication sera ponctuelle, fluctuant au gré de mes autres occupations. Vais essayer de publier tous les jeudis. A terme, le livre entièrement saisi pourra rejoindre un des silos de livres numériques, silos du domaine public, évidemment. Au temps du numérique, je me fais scribe par plaisir et pour que chacun puisse connaître ce texte majeur, paru il y a un an plus un siècle… Pour vous :

Page de titre :

   Bibliothèques

Essai sur le développement des bibliothèques publiques et de la librairie dans les deux mondes.

Livre I

Ce qu’on lit – Les budgets d’achats

Enquête sur les bibliothèques de France

La science et les bibliothèques – L’effort allemand

Les bibliothèques populaires

LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE

LE BRITISH MUSEUM – WASHINGTON – BERLIN

L’Europe et l’Univers

 

 

PARIS

MERCVURE DE FRANCE

XXVI, rue de Condé, XXVI

MCMIX

 

 

PREFACE

  Hier encore, j’ai rencontré B…, un monsieur qui écrit dans les journaux… Il m’a demandé :

– Qu’avez-vous vu de beau en Angleterre ?

– Des bibliothèques.

– Ah ! oui… Le British Museum.

   Lui aussi !  – Mais non…  Le British n’est rien ; c’est une spécialité. Cela ne compte pas à Londres. Je parle de ce que nous n’avons pas, mais pas du tout en France, « des bibliothèques… « .

   Il a souri, non sans orgueil, et affirmé :

– Nous avons la Bibliothèque Nationale.

Il passait du monde sur le boulevard. Un tas de gens se pressaient près des deux libraires rivaux… Là, vous savez, on peut, c’est là qu’on peut, en France, regarder un livre avant de l’acheter. Les volumes sont en pile. Celui du dessus est entouré d’une ficelle, mais on le soulève et on ouvre celui du dessous, sauf les pages qu’il faudrait couper. Parmi tous les gourmands qui reluquent ces friandises, bien peu ont de quoi acheter ; n’importe ! c’est ici… et je regardais comment un grand peuple s’initie à la littérature, à sa littérature, la seule de l’Univers, je voyais ces intellectuels qui, ayant remis le livre à ficelle sur le livre sans ficelle, s’en retournaient, ayant vu, sachant de quoi il relève et allant de ce pas en parler haut et clair. Des camelots couraient en hurlant : la Patrie. Des jeunes gens guettaient la marchande de journaux pour  entr’ouvrir sitôt qu’elle aurait le dos tourné Mes études, photographies de petites femmes. Je sais tout sur une affiche montrait son front d’idiot, et sur l’autre côté du boulevard, des gens mal mis, ceux -là qui n’ont pas de quoi se payer la Patrie, se pressaient pour lire le temps qu’on venait d’afficher. Mais la pluie commençait à tomber à grosses gouttes. Les cafés étaient pleins. Je conquis une place…

– Garçon ! … journal de ce soir …

-M’sieur, ils sont tous en mains.

Figaro de ce matin… Non ? Figaro d’hier !

   D’hier ! Est-ce qu’un journal d’hier  existe dans le monde ! Etes-vous sûr qu’il y a eu un journal hier ?

   Triste, le Monsieur, qui avait pris un bock  pour lire le Temps appelait : « Eh ! la Patrie ! »

    La Patrie accourait…

    Eh  bien ! tous ces gens,  que vous voyez, tous ces Français, ont, et ils en sont fiers, la Bibliothèque Nationale.

     Au fait, quelle heure est-il ?

     Sept heures ? Il y a beau temps qu’elle est fermée, la Nationale. Et puis il serait deux heures, ce serait bien la même chose, car elle a combien de places  ? – 368, compris les tables d’atlas ! – Eh bien, cela ne suffit pas, à trente millions de Français, que trois ou quatre cents d’entre eux  lisent même nationalement.

§

      Paris, masque d’or cachant la guenille de la France…

      Paris, fière de son état de ville entretenue, à qui l’on paye tout, ses danseuses comme ses livres…

       Le plus bel Opéra et la plus belle bibliothèque du monde…

       Mais de la musique ?  Mais des livres ?

§

       Certes, Paris fait des aumônes.

       Il y a ou il y a eu, pour le populaire – des bibliothèques…

       Les rapports officiels  trouvent leur état « satisfaisant ».

       Elles datent ces populaires, d’un âge héroïque de relèvement national. On pouvait croire, il y a vingt ans, que le magnifique essor de l’instruction de la République allait replacer Paris à la tête des villes. Non, ce ne fut qu’un regain. Paris est fatigué. On rogne sur le budget des pauvres bibliothèques. Parfois ce n’est pas même par économie, c’est pour créer… des conférences.

        Ce livre-ci voudrait dire et faire admettre  à un peuple vaniteux  que les bibliothèques libres  sont la seule  instruction convenant à des hommes libres – que les conférences, cours, petites universités, cercles, peuvres confessionnelles, sectaires ou tendancieuses, parfois les écoles même, ne sont que du battage, la parade devant l’importance de la sottise. Une seule instruction vaut : celle que l’on se donne à soi-même. On parle trop. Il faudrait apprendre et réfléchir. La réflexion veut du silence.

        On traite le peuple comme un enfant, ou un bourgeois. Le prend-on pour M. Jourdain ?

        Va-t-on  se faire donner le fouet, à son âge, au collège ?

       Ou bien, jouant, abusant du mot de populaire, on rejette un service public dans une sorte d’annexe de la charité.

       Le problème des bibliothèques, c’est celui de l’instruction d’un peuple, l’instruction après l’école, la plus importante. Lire, c’est faire acte d’homme libre.

        Tout cela fut dit il y a un siècle, et l’on a applaudi, en 48, et l’on a ri. Deux fois l’Empire est venu briser l’effort vers l’instruction de notre pays. Il n’y aura peut-être plus besoin de 3e Empire ; une 3e République peut suffire. Mais, aujourd’hui, l’on a mieux que des phrases, il y a des faits. L’Amérique, l’Angleterre ont des bibliothèques ; nous donnerons des chiffres, on peut y aller voir. Et ceux qui doutent de l’effet  de ces institutions sur un peuple feront bien de mettre à jour leur opinion, qui date.

§

           Nous avons la Bibliothèque Nationale.

           S’il y a un établissement  où le public devrait aller le moins possible, c’est bien celui-là…

à suivre…

Où l’on apprendra par la suite pourquoi il ne faut pas se rendre à la Bibliothèque Nationale ?

Où, déjà, Eugène Morel, polémiste à souhait,  envisageait une bibliothèque à l’image des lieux de convivialité qu’étaient à son époque les cafés ? « Le rôle, le vrai rôle d’une bibliothèque , n’est assuré que par une de nos institutions  : les cafés » (p. 10). Rejoignant ainsi nos préoccupations actuelles (Bibliothèques hybrides, troisième lieu), débat relançé récemment par l’excellent billet de Laurent H. Cherchons et trouvons !

Photographie N. Martin

Prochain épisode : jeudi 18 novembre 2010

—–

C’est en mai 2009 que ma compagne, Nathalie, que je remercie ici, a photographié les deux tomes de cet ouvrage et un autre également (mais chut ! Il suivra sauf si un éditeur fou…). Je remercie aussi Joëlle, la bibliothécaire d’une BU de notre Provence qui a eu la gentilesse de me faire un prêt interbibliothèque de longue durée afin que je m’abreuve aux textes directement. En préparant enfin ce projet qui me trottait dans la tête depuis, voici un des heureux hasards qui arrivent tout le temps : des élèves conservateurs de l’ENSSIB ont travaillé cette année autour d’Eugène Morel. Une journée lui est consacrée le 6 décembre 2010. Espérons que fleurirons les rééditions des ouvrages de Morel suite à cette journée. Bertrand Calenge terminait sa recension en 1994 dans le BBF par un appel : Bibliothécaires, lisez Morel ! Nous aimerions mais…

Notule à propos des traces autour d’Eugène Morel sur le Web :

Sur Wikipédia : Eugène Morel . Ce serait bien si les étudiants de l’ENSSIB complètent la notice. Je dis cela comme çà… 😉

Sur Gallica : Un texte disponible : la loi sur le dépôt légal : 19 mai 1925. J’avais écris il y a plus de deux ans pour suggérer… mais je ne vois toujours rien venir… 😉 Alors, je me décide à tout recopier. Inutile ? Non, c’est un vrai bonheur de recopier et découvrir le texte ainsi… Scribe, je vous disais… en introduction…

La recherche sur Europeana et sur Google Books ne donne pas beaucoup de résultats !

Quelques commentaires de bibliothécaires parus en 2006 sur le blog de Dominique Lahary.

Hors-Web, un ouvrage en français, paru aux éditions de la BPI :

  • Jean-Pierre Seguin, Eugène Morel (1869-1934) et la lecture publique : un prophète en son pays, Bibliothèque publique d’information, coll. « Études et recherche », Paris, 1993, 222 p. (ISBN 2-902706-73-1Portrait et choix de textes par J.-P. Seguin.
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    Propulsion : 9 novembre 2010 – Médiathèque de Bagnolet – Ce qui change dans lire

    Toutes les infos sont ici.

    Les intervenants 

    10 novembre, 0H46, les premières lectures commencent à laisser traces sur le web pour nous, nous qui n’étions pas z’à Bagnolet dans la soirée du neuf, même si nous l’avons suivi sur le live twitterien grâce au hastag #bibakucha, comme celui-ci :

    liminaire Pierre Ménard #bibakucha : livres, lecture, bibliothèque, numérique, 10 lecteurs aux points de vue si différents et variés, que ça donne envie d’écrire1 hour ago  

    10 points de vue sur ce qui change dans lire : 

    La lecture de Pierre Ménard est dorénavant fixée sur Liminaire dont :

     » Nous défendons le vite. Le peu étant l’errance. Tous les livres qu’on achète, qu’on range dans nos bibliothèques, qu’on dispose sur les étagères de notre maison, contre les murs de chaque pièce de notre appartement, recouvrent peu à peu la moindre parcelle de notre intérieur jusqu’à en transformer radicalement les dimensions, les perspectives et, en règle générale, le sens de ce qui nous entoure. C’est une ouverture, une fenêtre. » 

    [ Philippe Diaz / Pierre Ménard, site liminaire.fr, et dans la vie professionnelle bibliothécaire à Melun, l’Astrolabe ] ;

     

    Celle de Daniel Bourrion dans l’Invention de nous :

    « Chaque trace que tu laisses t’invente« 

    [Daniel Bourrion, site Terres et professionnellement Face écran, conservateur en charge du numérique à la Bibliothèque universitaire d’Angers] ;

     

    Philippe De Jonckheere évoque les désordres de ces lectures

    [Philippe De Jonckheere, site desordre.net, lequel inclut plusieurs bibliothèques secrètes];

     

    Michel Fauchié le suggère Alors, deviens bibliothécaire, mon fils

    « Renonce à Satan Dewey, tourne le dos aux sirènes catalogiques, consacre-toi tout entier à la propulsion, à la montée des wagonnets de textes et de commentaires tirés des strates de fermentation par les lecteurs  et répands tes sédiments dans tout le Web. »

    [Michel Fauchié, son blog, chargé de mission numérique des bibliothèques de la ville de Toulouse, président de l’Association pour le développement du numérique en bibliothèques] ;

     

    Sur Petite racine, la lecture de Cécile Portier qui nous interroge sur notre lieu,  nous, les bibliothécaires en exercice :

    « Car voilà : je suis, en matière de bibliothèque, très sévèrement multicarte, et depuis longtemps.  Malgré cela je n’ai toujours pas trouvé le moyen d’y entrer, ou d’en sortir dignement, sans amende et sans honte. Surtout, je ne sais pas comment on peut y rester. »

    [Cécile Portier, blog Petite racine, actuellement auteur en résidence au lycée Henri-Wallon d’Aubervilliers, professionnellement chargée diffusion culturelle à la BNF];

     

    Pierre Coutelle va encore plus loin, directement au Père Lachaise… Bibliothèques/Père Lachaise… lire… aïe… :

    « nous ne savons plus nous faire enterrer comme nous ne savons plus lire. Nous ne croyons plus à la matière, ni à la pierre, ni à la page. Ou bien : peut-être nous n’avons plus besoin des clochetons gothiques et des vierges entristées. Avons-nous déchus ou nous sommes-nous libérés ?«  

    [Pierre Coutelle, blog Commettre, libraire, un des fondateurs du site de distribution numérique ePagine];

     Katie Durand qui présente son intervention dans son billet : Bibliothécaire des villes, bibliothécaire des champs ou la métamorphose graduelle d’une bibliothécaire lambda gagnée par le numérique : exposé des faits sous la forme de l’autoportrait (moqueur) :

    « De là une troisième hypothèse, réaliste et concrète celle-là, qui pourrait avec le temps devenir fort réalisable . Ici la table de travail n’est plus chargée d’aucun livre. A leur place se dresse un écran et à portée un téléphone. De là on fait apparaître sur l’écran la page à lire pour connaître la réponse posée par téléphone avec ou sans fil (…) il y aurait un haut-parleur si la vue devait être aidée par une donnée ouïe …. Une telle hypothèse, un Wells certes l’aimerait. »[ Paul Otlet, à qui l’on doit la classification décimale universelle en vigueur dans bien des bibliothèques, écrivait ceci dans son Traité de documentation sous titré Le livre du livre, paru en 1934, p.219]

    [Kathie Durand, blog Katferraille, professionnellement bibliothèque du Cher et expérience de site collaboratif Chermedia.com] ;

    à suivre… les interventions de trois  intervenants qui ne tarderont plus 😉 :

    [Alain Pierrot, pionnier des questions du livre numérique, haute référence de réflexion pour beaucoup d’entre nous, il termine la numérisation des manuscrits des Illusions perdues, fonds Lovenjoul de l’Académie française] ;

    [Sereine Berlottier, site remue.net, professionnellement conservateur à la BNF, après St-Quentin en Yvelines ] ;

    [Dominique Macé, médiathèque de Bagnolet] .

    Silence

     

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    « Le bibliothécaire est un peu le forestier du livre » Alain Pierrot et Jean Sarzana, 2010

    « D’ordinaire, en regardant bien le circuit du livre, on peut apercevoir le bibliothécaire au fond du corridor. Il est presque toujours cité le dernier, on sait qu’il est incontournable, mais comme il ne participe pas du marché – c’est un agent public, il conserve et il prête, il achète si peu – il n’est jamais au coeur des discussions d’actualité sur la marche du monde. Pourtant, il occupe une place à part dans la saga du livre – il est né avec lui, bien avant le codex, bien avant l’édition – et il a puisamment marqué son histoire. S’il ne vit pas au rythme incertain du marché, il accompagne la vie du livre sur la longue durée et sait prendre la mesure du fonds et de sa densité. A côté de sa mission patrimoniale de conservation, sa fonction le requiert d’assurer l’observation permanente et suivie des ouvrages. Le bibliothécaire est un peu le forestier du livre, il vit et raisonne à long terme et dans les deux sens, il se voit comme le dernier rempart. On a le sentiment qu’une muraille de Chine sépare éditeurs et bibliothécaires. Ils gagneraient à la changer pour un paravent japonais. » (page 26)

    Comment ne pas être fasciné à la pensée d’être contemporain d’une de ces très rares mutations essentielles de l’écrit, aussi violente et profonde que celle du passage du rouleau au codex, avec son lot d’imprédictible ? écrit François Bon dans sa présentation du livre  Impressions numériques d’Alain Pierrot et Jean Sarzana, publié sur la coopérative d’auteurs : Publie.net. Allez, soyons un peu polémiques : on est fatigué de ces discours à la gloire seulement de l’argent et de l’industrie. C’est de civilisation qu’il s’agit. Et d’un paradoxe qui rend l’affaire complexe : il y a beau temps que le livre traditionnel est déjà affaire numérique, de bout en bout. Et dans le bouleversement actuel, les lignes de force et de partage rejouent des conflits culturels qui n’ont rien à voir avec la seule question du numérique.

    Un livre magistral et indispensable à lire aujourd’hui (à télécharger pour 5,99 € sur publie.net ou sur epagine.fr) pour sortir des débats un peu stérile sur le support ou la numérisation du livre à l’identique tellement rassurante pour les personnes de l’ancien monde … Ceux qui veulent mettre des péages  et des applis de smartphones partout pour mieux contrôler le flux de paroles et d’actes, nés sur cette utopie dérangeante qu’est le web.

    Les deux auteurs définissent et synthétisent les concepts et les problématiques, expliquent lucidement le rôle de catalyseur de Google et donnent beaucoup de pistes afin d’éclaircir l’horizon de la mutation en cours qui nécessitera la participation de tous les acteurs du livre. Craignant que « la bibliothèque ou la médiathèque perde son caractère lieu de vie qu’elle avait souvent réussi à créer », ils proposent :  » cet écueil peut être évité si les bibliothèques acceptent de jouer le rôle de pédagogue des nouvelles formes de lecture. » (p. 53)

    Les premières expériences de prêt de livres numériques (chronodégradables sur plateforme reliée au site de la bibliothèque ou sélectionnés sur des liseuses empruntables) sont déjà en route dans quelques bibliothèques françaises. C’est un signe positif. Ouvrons les yeux et…

    Propulsons…

    Ajout du 1er novembre : le billet Bibliothéquer de Lambert Savigneux…qui écrit :

    « Le livre et le bibliothécaire, il faudrait qu’il soit un pulsar à la marge du monde contemporain en son milieu et de tous cotés, qu’il propulse et ne soit pas juste un filtre au travers duquel le monde et ses livres passe, il y a tant de livres qui sont des bribes, des condensés de vie et qui dorment et parfois ne poussent pas leur premier cri, alors de passeur le bibliothécaire serait aussi observateur et son désir permettrait à des livres d’exister, pas uniquement les gros arbres de la forêt ni les mauvaises herbes mais les bosquets et les plantes fragiles des recoins et des clairières ; certains livres sont errants et d’autres poussent en rond, cachés ou protégés ils trouvent d’autres façons d’exister (festivals, circuits parallèles, internet etc,)mais la forêt est traversée de multiples flux, au détours on se trouve nez à nez avec des biches, un ours dort (hibernerait mais peut être repose) sous un amas de livres “morts” ou une congère inutile, leurre qui serait l’habitat de l’ours, des ruisseaux la traverse, des glaneurs-chasseurs, des amoureux la pénètrent interagissent, agissent le fou tout comme le forestier, » (la suite sur son blog)

    Et la fin de son billet me ravit :

    « Les livres pourraient être comme les fils d’un grand tapis qui relieraient les endroits de laine, les rêves d’écorce et les pensées végétales, les trous du ciel et les mottes de terre sur lesquels l’humain circule et glane- je dis qu’il faut mettre en doute le monde – la bibliothèque doit être ce lieu – et les enfants y viennent pour cette raison même et son contraire – car la curiosité pousse à connaitre, imaginer aussi bien le dedans que le dehors ; cet endroit ou des forces vives de création se manifestent – il faut pousser des ses bras ces reliures qui cachent les ouragans, l’esprit souffle n’importe où et l’homme sait qu’il doit rassembler ce que lui peut assembler – le bibliothécaire – nom de mammouth de Lascaux – n’est plus uniquement être de conservation mais d’agitation … « 

    Bonne lecture,

    Silence (et Lam)

    En son temps, Alain Pierrot avait eu la gentillesse de me confier  les prémisses de ce texte sur La mémoire de Silence. Pour mémoire… et clin d’oeil amical.

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    Une nouvelle cuisinière pour préparer le Bouillon ! Bienvenue Marie…


    J’ai le plaisir de vous annoncer l’arrivée dans le Bouillon du fil de veille de Marie D. Martel, qui écrit le blog Bibliomancienne. Il a semblé très intéressant à tous les veilleurs de l’associer à cette veille collaborative..
     

    Marie travaille pour le Réseau des bibliothèques publiques de la Ville de Montréal, elle est Bibliothécaire, docteure en philosophie et co-rédactrice en chef de la revue Argus, la revue québécoise des professionnels de l’information documentaire. Bienvenue à elle!

    Au fait, vous pouvez retrouver sur cette carte la liste des éminents veilleurs sans qui le bouillon n’aurait pas de goût.

    N’oubliez pas, l’enquête sur le Bouillon et le Nectar est toujours ouverte, merci de nous donner quelques minutes(c’est un court-bouillon) pour mieux vous connaître !

    Bienvenue Marie…

    Silence

     

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    « L’histoire du livre imprimé commence par une bataille juridique et industrielle »

    « L’industrie typographique européenne – sinon l’imprimerie – est née à Mayence vers 1455. Le premier ouvrage imprimé connu, le Psautier de Mayence, date du 14 octobre 1457. Il est l’oeuvre de deux anciens associés de Gutenberg, Jean Fust, qui fut son financier, et Pierre Schoeffer, un ancien étudiant de l’université de Paris à qui Gutenberg apprit les secrets de son métier. L’histoire du livre imprimé commence par une bataille juridique et industrielle. Gutenberg meurt dans la pauvreté. Pendant dix ans, les imprimeurs de Mayence gardent jalousement le secret de la fabrication de leurs livres. Ils commencent à produire et à vendre des grammaires latines, des calendriers, et la fameuse Bible à 42 lignes dont on fera plus tard symboliquement le premier livre. Dix ans de monopole et d’améliorations techniques qui les font passer du livret, du placard aux grands ouvrages. Mais le nombre des apprentis initiés grandit. Les secrets de la fabrication des poinçons, des matrices et des alliages circulent sur les routes d’Europe dans les maigres bagages des ouvriers typographes allemands en route vers les centres de diffusion du savoir.

    Cela se passe très vite, compte-tenu des obstacles à la circulation des choses. »

    (Le pays de la littérature : des serments de Strasbourg à l’enterrement de Sartre / Pierre Lepape. – Paris : éditions du Seuil, 2003. – (Points ; n° 574). – citation p. 85)

    Bataille juridique et industrielle – Obstacles à la circulation des choses : cela ne vous rappelle rien ? Je me demande quel sera l’ebook considéré symboliquement comme le premier livre numérique de la révolution en cours ? Et quelle sera la langue de l’ebook choisi ?

    Silence

     

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    Le 29 septembre 2009 ce fut la naissance du Bouillon des Bibliobsédés : le bilan avec vous !

    Le 29 septembre 2009 ce fut la naissance du Bouillon des Bibliobsédés, agrégation et redistribution de la veille d’une vingtaine de volontaires autour des thématiques de l’information documentation grâce à l’indispensable Lully.
    Voilà maintenant un an que cette veille partagée fonctionne, il est temps de faire un bilan. Nous vous proposons donc de répondre à cette enquête en ligne destinée aux utilisateurs du bouillon et/ou du nectar. Elle a été réalisée de manière collaborative par les veilleurs grâce à l’excellent logiciel libre Limesurvey mis à disposition par Olivier Le Deuff, merci à lui.
    Nous avons souhaité cette enquête anonyme, pas trop longue et largement ouverte à vos suggestions, n’hésitez pas à vous y exprimer et soyez sûr que toutes vos remarques seront lues par les veilleurs ! Nous vous proposerons bien entendu tous les résultats dans les prochaines semaines. Merci d’avance pour vos réponses et n’hésitez pas à disséminer largement cette enquête pour que nous ayons le plus de réponses possibles !

    Le 29 septembre 2009 ce fut la naissance du Bouillon des Bibliobsédés, agrégation et redistribution de la veille d’une vingtaine de volontaires autour des thématiques de l’information documentation grâce à l’indispensable Lully.

    Voilà maintenant un an que cette veille partagée fonctionne, il est temps de faire un bilan. Nous vous proposons donc de répondre à cette enquête en ligne destinée aux utilisateurs du bouillon et/ou du nectar. Elle a été réalisée de manière collaborative par les veilleurs grâce à l’excellent logiciel libre Limesurvey mis à disposition par Olivier Le Deuff, merci à lui.

    Nous avons souhaité cette enquête anonyme, pas trop longue et largement ouverte à vos suggestions, n’hésitez pas à vous y exprimer et soyez sûr que toutes vos remarques seront lues par les veilleurs ! Nous vous proposerons bien entendu tous les résultats dans les prochaines semaines. Merci d’avance pour vos réponses et n’hésitez pas à disséminer largement cette enquête pour que nous ayons le plus de réponses possibles !

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